centrafrique


Des princes arabes financent la violence extrémiste, mais les gens ordinaires en paient les frais.

Quand des garçons jouent aux soldats d'Allah, ce sont les femmes et les filles qui doivent subir le viol et l'esclavage.

Selon l'ONU, Qatar, l'Arabie saoudite, et les ÉAU ont financé les violeurs-envahisseurs de la Séléka, des Tchado-Soudanais sans pitié, notamment via l'auteur de crimes contre l'humanité Nourredine ADAM. Depuis fin 2013, les Français protègent l'empire terroriste sélékiste, l'est de la RCA, qui constitue 60% du territoire.

— Rubaduka, B. (23 septembre 2014). LaSemaine.com

"Faisons de l'Afrique centrale
le lion qu'elle aspire à être
"

Entretien: le Professeur Gaston N'Guérékata

18 septembre 2014


Le déploiement des Casques bleus est désormais effectif mais après plus d'une année d'une crise plus que complexe en RCA. De plus, il faut attendre avril 2015 pour que cette mission onusienne entre dans sa phase de pleine et totale opérationalité. Quelles sont vos premières impressions d'abord en tant que Centrafricain, puis en tant qu'un humanitaire dont les activités prédisposent à la politique ?

Tristesse, inquiétude et colère. Tristesse, parce que l'arrivée de la force onusienne signe la poursuite, le statu quo ante, d'une situation de crise qui prévaut depuis deux ans maintenant et qui s'est peu amélioré. Elle se matérialise par des crimes impunis, un Etat failli et la souffrance des plus démunis, ce qui représente pour moi une déchirure quotidienne. Inquiétude parce que cela signifie aussi que nous n'avons pas réussi à juguler cette crise, collectivement entre Africains. Le fédéraliste que je suis, qui milite pour la création d'une fédération d'Etats associés sur les bases de la CEMAC, ne peut que s'alarmer de cet échec. Colère enfin, parce que je considère que cette situation est en partie due à l'absence totale d'engagement d'un exécutif sans cap ni boussole, qui semble désespérer jusqu'à nos plus proches soutiens. La Présidente doit bien peser ses choix. Je ne vois pas de ligne claire à son action. Je lui demande de réfléchir à ce sur quoi elle nous engage.

L'une des missions que la MINUSCA, de par les Casques Bleus, aura à remplir consistera à "revoir les stratégies de désarmement des groupes armés" contrairement à la Résolution 2127 qui prévoyait l'emploi de la force. Le Général Babacar GUEYE l'a lui-même réitéré sur RFI. Êtes-vous choqué comme les autres Centrafricains qui pensent qu'avec cette méthode, la crise ne fera que se prolonger ?

Le processus de sortie de crise devra passer la case politique. On n'arrête jamais ce genre de crise par une escalade militaire. On peut geler une situation sur le terrain, en aucun cas la régler. Il faut désormais passer au processus politique. Mais avec une action profondément innovante. Les vieux schémas ne fonctionneront plus désormais, donc il faut sortir des sentiers battus, concevoir une autre approche pour un nouvel horizon. Nous ne nous en sortirons qu'associés à d'autres états d'Afrique Centrale. Seul nous sommes faibles, associé, nous serons forts. Au regard de ce qui ne se fait pas ici en Centrafrique, mais qui avait été tenté lors du forum de Brazzaville, il va falloir que la classe politique centrafricaine se prenne en main et passe de l'attentisme à l'action diplomatique, à l'innovation politique. Je suis prêt à prendre ma part du fardeau, à aller à la rencontre des uns et des autres, belligérants des deux bords, pour trouver une solution. Chaque jour perdu apporte son lot de morts. Il faut arrêter cela.

Vous avez fait partie de ceux qui ont été au Forum de Brazzaville. Pourquoi selon vous, les violons n'arrivent pas à s'accorder après ledit forum. Il y a du froid entre tous ceux qui ont contribué et effectué ce déplacement. Que s'est-il passé réellement ?

Le forum de Brazzaville était une base de départ. Un cessez-le-feu n'est qu'un accord, qui doit vivre dans la durée. Ce qui a été convenu à Brazzaville n'a pas été accompagné par le pouvoir centrafricain. Au contraire. Le Médiateur a mis tout son poids dans la balance pour mettre les uns et les autres autour de la table. Il y est parvenu, faisant plus que ce qui lui était demandé, je crois. Et je l'en remercie. Mais une fois cet accord arraché, il fallait que l'Exécutif Centrafricain s'empare de cette lueur avec détermination, et mette toute sa volonté à le transformer en paix des braves. C'est l'inverse qui a été fait, notamment avec des nominations politiques qui ont crispé les uns et les autres et qui ont semblés dictées par l'intérêt privé. La Présidente porte une assez lourde responsabilité dans cet échec.

La Charte constitutionnelle depuis sa promulgation n'a fait qu'être violée: démission de Djotodia et Tiangaye, élection de Samba-Panza, nomination et éviction de Nzapayéké, nomination de Mahamat Kamoun, un PM musulman, possibilité d'entrée de 15 anti-balaka au CNT. Face à cet abracadabra juridique, certains pensent que la solution consiste à dissoudre le CNT pour élaborer une nouvelle Charte constitutionnelle qui liera tout le monde mais d'autres s'y opposent parce que cela est une manière de vouloir prolonger la transition. Votre position sur la question.

Je me prononcerai sur cette question dans les semaines qui viennent. J'ai une solution qui murit, que je dévoilerai bientôt et qui devrait faire bouger les lignes. Au regard de la situation, il faut renverser la table et les chaises, ouvrir l'horizon. La configuration à laquelle je pense est susceptible d'arrêter les violences et de relancer un processus politique en panne. Il faudra que singulièrement et collectivement nous nous appliquions à nous-mêmes la maxime de Raymond Poincaré : "La paix est une création continue". Je suis convaincu que désormais, notre salut passe par de nouvelles formes politiques, de nouvelles dynamiques. Nous devons à notre jeunesse des perspectives d'avenir qui leur ouvre l'esprit et leur donne envie de s'impliquer dans la construction d'un monde meilleur. Je pense que l'initiative que je vais prendre va leur en donner les moyens et l'envie.

En l'état actuel, entre élections et réconciliations, qu'est-ce qui est prioritaire et est-ce qu'on doit reporter les élections comme le fait entendre le Président de l'ANE ?

Les rapports des think tanks, de la communauté internationale, des diplomates, montrent tous, et avec raison, qu'en dupliquant le système actuel, nous irons vers des situations analogues. La RCA est systémiquement défaillante. Elle vivra difficilement seule, comme elle le fait depuis 55 ans. Nous sommes un état qui n'a pas été pensé pour être autre chose qu'une partie d'un ensemble plus vaste. Boganda l'a dit et répété. Il faut reprendre le modèle là où il l'a laissé et finir le travail. Si nous repartons sur un cycle d'élections qui consiste à donner le pouvoir à un clan qui se l'approprie à des fins personnelles, alors nous aurons, jusqu'à notre anéantissement, des guerres et des massacres. Il est temps de changer de logiciel. Associons-nous, dans une fédération, à d'autres états, faisons de l'Afrique centrale le lion qu'elle aspire à être et qu'elle peut être si des chefs d'états et des hommes politiques visionnaires ont le courage d'aller de l'avant.

Propos recueillis par Odilon Maurice Ouakpo, Directeur de La Fraternité
Bangui, 17 Septembre 2014


Rubaduka, B. (12 septembre 2014). François Hollande et la France en Centrafrique : Grande Stratégie. Leurs manœuvres brillantes constituent une gloire nationale, comme pendant l'ère de Clovis ou de Bonaparte. Centrafrique.com


Rubaduka, B. (2 septembre 2014). La France, qui protège les violeurs terroristes de la Séléka, des soudards envahisseurs tchado-soudanais, a renvoyé aux calendes grecques la démocratie en Centrafrique. Les Français savent bien que, dans un état de droit, les électeurs africains n'accepteraient jamais leur criminalité. Centrafrique.com