centrafrique

Bambari: Les violeurs jihadistes de
la Séléka sèment la désolation

En mai, à Bambari, les Français ont créé une capitale terroriste pour les envahisseurs tchado-soudanais.

Aujourd'hui, même les médias français sont obligés de reconnaître le génocide commis par ces violeurs.

23 octobre 2014



Les violeurs jihadistes de la Séléka, à dominante tchado-soudanaise, multiplient les atrocités en présence de l'Armée française.

Leur mandat onusien exigeait la neutralisation des milices, mais les Français ont décidé qu'il serait plus facile de protéger les terroristes, au lieu de protéger les Centrafricains. À la place d'imposer l'ordre et l'état de droit, ils observent passivement les atrocités commises par les envahisseurs tchado-soudanais. Pour distraire l'attention de leurs méfaits, les Français prétendent qu'il sera possible de dialoguer avec les terroristes, et que la paix sera rétablie dès que tout le monde accepte les exigences raisonnables des violeurs.

La plupart des fois, les médias français refusent de signaler les crimes de la Séléka, préférant relater les atrocités commises par les milices animistes. Cela pourrait découler de la politique intérieure de la France, où les élites prétendent que les musulmans partout dans le monde sont des victimes qui souffrent de discriminations. Ils refusent de reconnaître que les envahisseurs de la Séléka sont financés par des états arabes, et équipés par le Tchad et le Soudan. Ces élites soutiennent les transferts d'argent aux violeurs du Hamas, et ils n'hésitent pas à diaboliser la seule démocratie au Moyen-Orient.

Mais parfois, le génocide commis par les Sélékistes devient si évident que même les médias français sont obligés de dire quelque chose. Comme rapporte RFI, en présence des soldats français, la Séléka accélère le nettoyage ethnique des populations locales, très majoritairement chrétiennes.





Le Prof. Gaston M. N'Guérékata
exige des élections

La France et les criminels ex-Sélékistes de la "transition" veulent renvoyer aux calendes grecques la démocratie

23 octobre 2014

La Fraternité (LF) : Mr le professeur, vous êtes, sans ignorer que la situation sociopolitique s’est dégradée dans ces derniers jours. Quelle est votre lecture de la situation avec les consultations ouvertes par la chef de l’Etat de transition. D’abord votre point de vue sur la crise et puis les consultations ouvertes par la chef de l’Etat.

GMN : Je crois que la crise qui a commencé depuis Décembre 2012 s’est fortement aggravée ces derniers jours. Elle est de plusieurs ordres : la question sécuritaire, la question de la gouvernance financière et bien sûr la question politique. Au plan politique, je dis ici ce que j’ai toujours affirmé : la Présidente de la Transition ne suit pas la Feuille de route de la transition. La Présidente n’écoute pas et personne ne l’écoute. La Présidente se comporte comme une présidente normale alors qu’elle doit sa légitimité au CNT qui l’a élue. Elle n’est pas une Présidente avec une légitimité populaire, avec un mandat, avec un programme déterminé. Son programme, c’est la Feuille de route de la Transition dont elle s’est totalement écartée. Du retour de Forum de Brazzaville, Mme Samba-Panza devrait aussitôt engager les parties signataires à aller sur le terrain expliquer à la population, le fond de l’accord de cessation des hostilités. Elle a perdu plus de trois mois et aujourd’hui, elle parle de consultations avec les Forces Vives de la nation. Mais de quelles Forces Vives s’agit-il ? Si vous regardez la composition du Conseil National de la Transition (CNT), toutes les Forces Vives de la Nation sont représentées. Il y a les partis politiques, les confessions religieuses, les associations des femmes, les journalistes, c’est devant le CNT que la Présidente devrait se pointer pour pouvoir échanger sur la situation actuelle et non pas convoquer par ci, par là des clubs d’amis pour discuter mais de quoi ? Voilà, la vraie question.

LF : Mais il y a des observateurs qui parlent d’une situation de blocage institutionnel parce que le Forum de Brazzaville aurait accouché d’accords secrets. Etes-vous de cet avis ?

GMN : Je ne suis pas certain qu’il existe un accord secret issu du Forum de Brazzaville, j’y étais moi-même présent. Ce qu’on peut constater, c’est que les deux têtes de la transition ne travaillent pas de manière consensuelle. Je crois qu’il y a une crise à ce niveau-là. Il est urgent de travailler de sorte que nous puissions aller rapidement vers les élections dans une ambiance apaisée.

LF : Vous revenez de Brazzaville, ce qui fait que beaucoup égrènent l’idée d’une nouvelle transition dont la présidence risquerait de vous être confiée. Qu’en est-il exactement et en réalité ?

GMN : Je suis allé m’entretenir avec le médiateur international de la crise centrafricaine, le Président Congolais, Son Excellence Dénis Sassou GUESSO. Il est normal pour quelqu’un qui veut aspirer à la haute fonction de son pays de pouvoir aller consulter, écouter les Chefs d’Etat de la région. C’est dans ce sens là que je suis allé m’entretenir avec son Excellence, Dénis Sassou GUESSO. Nous avons passé en revue la situation actuelle. Il n’a jamais été question d’une troisième transition pour laquelle je ne suis pas intéressé. Je profite pour dire que je vais bientôt déclarer ma candidature pour la prochaine présidentielle.

LF : malgré l’accord de cessation des hostilités signé à Brazzaville, plusieurs cas d’exactions, de meurtres et autres crimes ont été constatés sur le terrain. N’en avez-vous pas discuté avec le médiateur international de la crise centrafricaine ?

GMN : Je préfère ne pas aborder cette question maintenant.

LF : Mais pendant que vous étiez hors de Bangui, les violences enregistrées ont fait au moins dix morts. Vos sentiments sur la situation.

GMN : D’abord, il faut regretter tous ces morts. Cette montée de violences physiques n’est que le dessein de ceux qui veulent véritablement tuer ce pays. Je comprends par-ailleurs que le fait du blocage politique, c’est une preuve avérée de ceux qui n’ont d’autres voix que de se faire entendre par la violence et tout cela doit être sur le compte de l’amateurisme de la Chef de l’Etat qui ne sait pas parler aux gens quand il le faut, qui utilise des moyens peu autorisés, par exemple récompenser les uns, les autres au travers des enveloppes pour faire tel ou tel qui a pris des armes. Je pense que ce n’est pas la bonne manière. C’est un mauvais signal qu’on donne aux autres. On a l’impression qu’elle donne constamment une prime à la violence, une prime aux meurtres. C’est une mauvaise pratique.

LF : Vous parlez d’enveloppes qui circulent et vous le condamnez. Faites-vous aussi un lien avec le Don Angolais ? Comment faire pour que le pays se relève de cette crise ?

GMN : Chez nous, on dit que « le poisson pourrit par la tête ». Il nous faut un nouveau leadership et c’est ce nouveau leadership qui va pouvoir sauver la situation, qui puisse apporter du changement dans ce pays. Sur le Don Anglais, les explications fournies laissent à désirer. D’abord, le Ministre des Finances qui est l’ordonnateur des dépenses de l’Etat n’a pas été associé au dossier et ce n’est pas tout l’argent qui a été logé sur le compte du Trésor. Tantôt, on nous dit que c’est sous le lit de la fille de Chef de l’Etat, Mlle SAPOT, tantôt c’est dans les armoires des gardes-de-corps de la Présidente. On n’y comprend rien. Le Don Angolais, peu importe le montant, est bel et bien l’argent des Centrafricains.

LF : Les différents Etats Majors de l’armée invitent les FACAs à reprendre les armes. N’est-ce pas déjà un début de solutions à la crise qui prévaut depuis deux années dans le pays ?

GMN : Je ne sais pas à quel moment on a pu réarmer les FACAs pour qu’elles soient rendues opérationnelles. Je sais que toutes les décisions aussi graves que celles-là, doivent être prises de manière consensuelle. On doit pouvoir expliquer clairement à la population, comment on en est arrivé là. Il y a de cela quelques temps, on disait que les Nations Unies ne voulaient pas que les FACAs soient à nouveau, opérationnelles. Je sais qu’il y a un embargo sur les armes en direction de la RCA, alors je ne sais comment ce changement est survenu. Je me demande même si les partenaires qui nous accompagnent, nos frères de la sous région notamment le médiateur aient été consultés. Tout cela, c’est de l’amateurisme du Chef de l’Etat.

LF : Vous avez affirmé ci haut que vous aspirez à la haute fonction de l’Etat dans votre pays, que cela veut dire ?

GMN : Ecoutez, ces derniers temps j’ai reçu de nombreux appels concernant ma candidature à la prochaine présidentielle. Partout dans le pays, depuis Obo en passant par Bambari, Dékoua, Bossangoa, Paoua, Bangassou, etc. Il y a eu de nombreux appels et je ne saurai les décevoir. Je serai donc candidat à la prochaine présidentielle.

LF : Vos convictions personnelles, vos motivations au-delà de tous ces appels ?

GMN : Disons que les Centrafricains sont fatigués de la classe politique. J’ai moi-même eu à m’en rendre compte depuis les dix mois que je suis à Bangui. Notre classe politique est composée de nombreux hommes corrompus, des gens qui n’ont aucune conviction politique, aucune vision pour le pays et la population est fatiguée de cela. Il nous faut dans ce pays de nouveaux visages, des personnes qui n’ont pas trompé dans les affaires de détournements, de tueries, de rébellions, des milices armées et autres. Donc, à ce titre là, je serai candidat.

LF : A l’allure où vont les choses, est-ce que Février 2015 est encore tenable ?

GMN : Je suis clair sur ce point. Les élections peuvent avoir lieu dans six à huit mois à partir de maintenant. Il suffit d’avoir la volonté politique, il suffit d’avoir un Gouvernement qui est disposé à organiser les élections, un Gouvernement composé de personnes crédibles qui pourraient obtenir de nos partenaires, le financement qu’il faut pour aller aux élections. C’est bien possible d’organiser les élections dans six à huit mois.

LF : Une adresse particulière au peuple Centrafricain à partir du moment où vous vous déclarez candidat à la prochaine élection présidentielle.

GMN : Le message que je voudrai ici apporter à mes compatriotes, c’est celui d’espoir, de paix. De plus en plus, tous ces hommes politiques qui ont conduit ce pays dans ce chaos, sont démasqués. Nous allons rebâtir ce pays avec des hommes et des femmes nouveaux, avec des citoyens honnêtes, avec des Centrafricains qui veulent qu’il y ait un véritable changement dans ce pays. Je reviens de Brazzaville, une ville que j’ai visitée, il y a quelques années, il n’y a pas de comparaison avec notre réalité alors que nous avons décollé avec les autres pays de la sous région ensemble. J’ai été à Pointe Noire, il y a un grand aéroport qui est construction qui n’a rien à voir avec l’aéroport de Bangui. Voilà des pays africains qui se sont mis résolument sur le chemin du changement. Nous aussi, nous en sommes capables.

LF : Je vous remercie.

GMN : C’est moi qui remercie.